Notre Manifeste

Nous avions produit ce Manifeste, comme appui de notre café pédagogique qui s’est partagé le 23 avril 2006 au cœur de l’édition 2026 de la Biennale Internationale de l’éducation, de la formation, et des pratiques professionnelles ; Manifeste dont vous pouvez prendre connaissance ci-dessous :

« Lors de la promulgation de la loi du 05 septembre 2018 « pour la liberté de choisir son avenir
professionnel », l’AFREF s’est attachée à mettre en question, notamment par la rencontre des différents
responsables concernés, les conditions de son institutionnalisation, de ses financements, de ses mises en
œuvre et in fine avec l’émergence d’un cadrage normatif.
Tandis que se trouvaient aussi problématisées les transformations et pratiques de l’apprendre, plus
ancrées dans des dynamiques collaboratives, « apprenantes », systémiques et de proximité.
Dès lors, que signifiait « formation », appréhendée dans tous ces états ? Et, parallèlement qu’elles
étaient les marges de manœuvre de « acteurs de la formation » dans des contextes en tension.
Pour répondre à ces questions et dans la perspective résolument « émancipatrice » inscrite dans ses
fondements, l’AFREF a considéré, comme indispensable, d’œuvrer avec ses membres et partenaires à
réifier une pensée critique « en crise », devenue incapable de se positionner adéquatement, faute d’avoir
rompu avec les schèmes d’idées modernistes contre lesquels justement elle tentait de penser et qui
restent en arrière-fond implicites. l
Ainsi, l’idéologie « néo-libérale » récupère, transforme et « naturalise », comme évidence et acquis
social fondamental, « une scène fondatrice » dans laquelle chacun est conduit, quel que soit son niveau
de départ, à se constituer et faire fructifier un « capital humain » singulier, négociable sur le marché du
travail. Et cela à partir de ses expériences propres, de ses accomplissements personnels, de ses acquis
d’apprentissage, « revisitées et mis en conformité avec des capacités et des compétences « officialisées
» en valeur marchande. Exit la liberté politique et citoyenne, confisquée au profit d’une liberté libérale
attachée à la personne et faisant l’objet d’une reconnaissance sociale.
Les formations et leurs « acteurs » sont amenés à accompagner « cette scène fondatrice » de plus

en plus « normée » et les parcours personnalisés qui lui correspondent Et leurs réponses sont elles-
mêmes emportés dans une logique d’un marché d’offre/demande plus ou moins dérégulé, avec de

surcroît des financements contraints.
En un mot, ces acteurs sont « en souffrance », au regard des ambitions humaines et démocratiques qui
animent traditionnellement leur champ d’intervention.
Il devient alors urgent de rendre visibles les réalités vécues par « ces acteurs de la formation et de
l’accompagnement » et de s’interroger sur « le système » qu’ils constituent et la capacité de
produire des visions partagées, des dynamiques de mutualisation et des expérimentations
inspirantes.
Cependant, pour cela, il nous apparait nécessaire de quitter la posture d’un discours surplombant
et explicatif, pour celle de l’expression et la compréhension par les acteurs eux-mêmes de leur
vécu, de la façon dont ils mettent en jeu : engagement personnel et intension, perception des
contextes, injonctions, contraintes mais aussi opportunités, expression de « la demande » des «
apprenants », mode de pratique pédagogique…..
En un mot « comment ils en font l’expérience singulièrement d’abord puis collectivement, afin
qu’émerge le « réel » de l’activité, toujours situé, mouvant et partagé. « 

Présentation

L’AFREF constitue un lieu de veille, d’ouverture, d’échange, de débat et de recherche.

Ses principes

Elle puise sa richesse et sa notoriété dans la pluralité d’expériences et d’opinions de ses membres, de ses intervenants et de son public. Elle ne s’enferme dans aucun courant de pensée ni dans aucune doctrine.

Mais elle milite pour que le système de formation français soit pensé et organisé en priorité, en vue de l’autonomie et de l’émancipation des personnes aux plans professionnel et personnel. En d’autres termes, pour que les différentes modalités d’apprentissages tout au long de la vie, soient accessibles à tous pour de développement personnel, l’inclusion sociale et le développement de compétences professionnelles.

L’AFREF agit en tant qu’association régie par la loi de 1901. Elle n’a aucun but lucratif. Elle finance ses activités par le produit des adhésions de ses membres et par celui des participations d’acteurs extérieurs à l’association aux séminaires qu’elle organise.

Ses engagements

L’AFREF entend ainsi contribuer par son action, à engager différents acteurs-clefs (décideurs politiques ou de la société civile et responsables du champ de la formation au plan pédagogique, institutionnel ou organisationnel) dans une réflexion critique sur notre système de formation des adultes et dans la production d’actions correctives et/ou innovantes

L’AFREF s’engage à offrir aux acteurs précités, un ensemble de moyens propres à favoriser la circulation des informations, la réflexion, les échanges, et l’action.

Cet engagement se décline en 4 points susceptibles d’être augmentés et enrichis en fonction de l’évolution de l’activité de l’AFREF :

  • Organiser régulièrement des séminaires, où des experts et des praticiens sont invités à présenter leurs travaux et leurs réflexions en interaction avec le public.
  • Offrir à ses adhérents des moments et lieux de rencontre pour partager des recherches, effectuer des études et conduire des projets.
  • Diffuser largement les productions de ses membres et les comptes rendus des séminaires.
  • Offrir sur son site, un lieu de veille et de partage des informations et des productions dans le champ de l’Éducation permanente.

Ses services

Les Jeudis, conférences-débats ouverts au public, constituent des temps forts de réflexion et d’échange sur des thèmes d’actualité ou sur des aspects fondamentaux du développement des compétences et de la formation dans leur dimension européenne. Ces « Jeudis », à raison d’une dizaine chaque année, se déroulent généralement sur une matinée.

Les Cercles de réflexion et d’échange permettent aux participants (adhérents et experts) de produire des dossiers thématiques et partager des ressources documentaires, d’effectuer des recherches et de conduire des projets, en vue de publications et d’organiser des manifestations.

Les Petits Déjeuners sont consacrés à la présentation et la discussion d’une expérience, d’un outil ou d’une publication.

Le site afref.org, véritable outil de travail, permet à tous publics d’accéder à la programmation des services offerts et à une veille documentaire professionnelle en formation des adultes. Il offre aux adhérents, la possibilité de disposer d’une médiathèque, à partir de laquelle ils peuvent consulter des extraits vidéo, des comptes rendus écrits des « Jeudis » et différentes productions de l’AFREF.

Ses administrateurs

Bureau :

  • Patrick Waeles : président,
  • Élodie Salin : secrétaire,
  • Bernard Barbier : trésorier.

Autres administrateurs :
Michel Beaujard, Vincent Cibois, Emilie Crèche (CAFOC 75), Stéphanie Dupré, Marie-Luce Fily-Kerever, Sandra Jeansonnie, Hugues Lenoir (FCU), Pierrette Sorel.

Historique

L’histoire de l’AFREF a été marquée pendant plus de 50 années par le respect des orientations de son président-fondateur, exprimées dans la déclaration d’existence de l’association : « Promouvoir ou aider à développer toutes les activités concourant à la formation et à la promotion dans les entreprises… »

L’AFREF est fondée le 17 avril 1961 sous le nom « Association française des responsables de formation », par Pierre DEMARNE, alors responsable de la formation chez IBM France. Il fut l’auteur de nombreux ouvrages dans le domaine des relations entre l’informatique et la formation, notamment Les ordinateurs électroniques, publié aux « PUF – Que sais-je » en 1959, ainsi que des articles consacrés à l’enseignement programmé, dont « Programme en dents de scie et spatialisation des concepts d’enseignement » paru dans la revue Communication et langage n°5, 1970, pp 27-39. Il a par ailleurs été peintre et critique d’art, affilié au mouvement surréaliste depuis 1947.

Il préside l’AFREF pendant 10 années et, ayant quitté la direction de la formation chez IBM pour des fonctions de conseiller scientifique, il abandonne la présidence mais demeure membre de l’AFREF jusqu’à son décès en 1999.

Entre 1971 et 2013, huit autres présidents se sont succédé à la direction de l’AFREF :

  • Jean ROUX, délégué général de l’Institut européen pour la formation professionnelle ;
  • Pierre LE GORREC, contrôleur général EDF ;
  • René TIJOU, directeur de la formation et des relations sociales du groupe Renault ;
  • Daniel CROQUETTE, directeur du CESI puis délégué général de l’ANDCP (aujourd’hui ANDRH) ;
  • Pierre VIENOT, responsable de l’unité technique CFTN/UO – RATP ;
  • Sylvia ARCOS-SCHIMTT, directrice de LA-Conseil ;
  • Paul-Dominique POMART, responsable de la formation aux éditions BAYARD PRESSE ;
  • Denis REYMOND, directeur du CESI Île de France. Actuellement Directeur Pratices Management – DEMOS ;
  • Fabrice GUTNIK, directeur des structures de soins et de prévention à la CPAM Paris et Maître de Conférences associé, Université de Picardie ;
  • René BAGORSKI (depuis 2015), Directeur des relations partenariales à l’AFPA.

Depuis sa fondation, l’AFREF a changé de nom 2 fois en conservant le même sigle : à l’origine Association française des responsables de formation, elle devient en 1989 Association française pour l’expansion de la formation, puis en 2000 Association française pour la réflexion et l’échange sur la formation, nom qu’elle conserve aujourd’hui.

Elle a également changé 9 fois de siège social et elle a connu bien des hauts et des bas dans son activité en raison des fluctuations du nombre d’adhérents et de certains choix structurels et économiques parfois délicats.

Mais la longévité et la notoriété de l’AFREF résulte de la mobilisation, du talent et de l’esprit militant des équipes dirigeantes qui se sont succédées au fil des années. Ces équipes ont su maintenir et renforcer les valeurs d’origine qui conjuguent progrès social et performances économiques dans un esprit d’ouverture et de partage.

L’histoire de l’AFREF c’est pour une bonne part, celle qu’ont construite ses dirigeants. Mais c’est aussi et surtout, celle qui a été constamment irriguée et enrichie au cours de cette longue période, par plus d’un millier d’acteurs de la formation, membres ou partenaires.